Éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans

Éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans grâce à un bon échauffement

La peur de la blessure est l’une des deux grandes raisons qui empêchent les gens de reprendre le sport après 40 ans. L’autre, c’est la peur de ne pas tenir. Ces deux peurs ont la même réponse : la méthode.

La blessure n’est presque jamais due à l’activité elle-même.
Elle est due à la façon dont on s’y prend : trop vite, trop tôt, sans préparation, sans écouter les signaux du corps. Éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans repose donc avant tout sur des habitudes simples et régulières, pas sur des efforts héroïques.

Cet article vous donne les outils concrets pour éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans, en comprenant ce qui se passe dans votre corps et en sachant reconnaître ce qui est normal de ce qui ne l’est pas.
Pour un plan d’action complet, vous pouvez aussi consulter notre guide complet pour débuter sans se blesser.


📋 En résumé — 8 règles pour reprendre sans se blesser

  1. Progresser de moins de 10 % par semaine
  2. Toujours s’échauffer 10 à 15 minutes avant l’effort
  3. Respecter 48 à 72 h de récupération entre les séances intenses
  4. Ne jamais continuer sur une douleur vive ou articulaire
  5. Choisir des chaussures adaptées à son activité
  6. Travailler la mobilité et les étirements régulièrement
  7. Renforcer les muscles stabilisateurs (gainage, équilibre)
  8. Consulter un professionnel dès qu’une douleur persiste plus de 72 h


Infographie : éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans en 8 étapes

Pourquoi les blessures arrivent plus facilement après 40 ans

Ce n’est pas une question d’âge seul.
C’est une question de biologie et de méthode.

Après 40 ans, plusieurs changements physiologiques modifient la façon dont le corps répond à l’effort.
Les ignorer, c’est prendre un risque inutile.
Les comprendre, c’est se donner les moyens d’éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans, et d’ajuster son rythme en conséquence.

Selon l’Inserm, l’activité physique régulière reste bénéfique après 40 ans, à condition d’être adaptée à l’évolution naturelle des tissus et des capacités du corps (source : Inserm — Activité physique).

Les tendons s’adaptent plus lentement que les muscles

C’est l’une des réalités les plus importantes à connaître.

Quand on reprend le sport, les muscles récupèrent leurs capacités relativement vite.
Les tendons et les ligaments, eux, mettent beaucoup plus de temps.
Leur irrigation sanguine est plus faible, leur renouvellement plus lent.

Ce décalage crée une zone de risque.
Le muscle peut en faire plus. Le tendon, non.
Et c’est le tendon qui cède en premier.

C’est la raison principale des tendinites chez les personnes qui reprennent trop vite.

Le cartilage s’use et récupère mal

Le cartilage articulaire — celui qui tapisse les surfaces des articulations — n’a pas de vascularisation directe.
Il se nourrit par imbibition, c’est-à-dire en absorbant le liquide synovial environnant.

Ce processus est lent.
Un cartilage sollicité trop brutalement peut se dégrader sans signe avant-coureur évident.
C’est ce qui explique en partie pourquoi les douleurs articulaires chroniques apparaissent progressivement — et parfois longtemps après les séances qui les ont causées.

La proprioception diminue avec les années

La proprioception, c’est la capacité du corps à se situer dans l’espace et à ajuster ses mouvements automatiquement.
Elle diminue progressivement avec l’âge.

Résultat : les réflexes de protection — ceux qui permettent de rattraper un faux pas ou de corriger une mauvaise réception — sont un peu plus lents.
Le risque d’entorse ou de chute augmente, même sur un terrain familier.

Les déséquilibres musculaires s’accumulent

Après des années de posture assise, certains muscles raccourcissent et d’autres s’affaiblissent.
Les fléchisseurs de hanche deviennent hypertoniques.
Les muscles du dos se fragilisent.
Les épaules se ferment vers l’avant.

Ces déséquilibres ne font pas mal au repos.
Mais ils créent des compensations pendant l’effort — et les compensations, c’est là que les blessures se nichent.

💡 Bon à savoir
Selon les recommandations de l’American College of Sports Medicine (ACSM), les adultes de plus de 40 ans devraient inclure des exercices de souplesse et d’équilibre dans leur programme, en plus du cardio et du renforcement musculaire. Ces deux composantes sont souvent omises — et souvent à l’origine des blessures les plus fréquentes.

Source : ACSM’s Guidelines for Exercise Testing and Prescription, 11e édition.


Les blessures les plus fréquentes lors d’une reprise après 40 ans

Connaître les blessures les plus courantes, c’est savoir où porter son attention.
C’est aussi l’un des meilleurs moyens d’éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans, en anticipant les zones les plus fragiles.

BlessureZoneCause principaleComment l’éviter
Tendinite d’AchilleTalon / arrière de la chevilleAugmentation trop rapide du volume de courseProgression lente, chaussures adaptées
Syndrome rotulienGenou (devant)Surcharge des genoux sans renforcement des cuissesRenforcement du quadriceps, éviter les descentes brutales
Fasciite plantairePlante du piedReprise trop intense, chaussures inadaptéesSemelles, étirements du mollet, progression douce
LombalgieBas du dosDéséquilibre musculaire, mauvaise postureGainage, mobilité lombaire, étirements fléchisseurs de hanche
Syndrome de l’essuie-glaceFace externe du genouVolume d’effort trop élevé trop viteÉtirements de la bandelette ilio-tibiale, réduction du volume
Tendinite de la coiffeÉpauleMouvement répétitif sans préparationRenforcement des muscles de la coiffe, échauffement complet
Shin splintsFace interne du tibiaTrop de course trop vite sur surface dureAlterner les surfaces, progression lente, chaussures amorties

💡 Bon à savoir
Les tendinopathies (blessures des tendons) représentent une part importante des blessures chez les sportifs amateurs qui reprennent après un arrêt prolongé. Elles surviennent le plus souvent dans les premières semaines, quand l’enthousiasme dépasse la capacité réelle des tissus à absorber la charge.

Référence : British Journal of Sports Medicine — études sur les blessures de surcharge chez les sportifs récréatifs.


Éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans : la règle d’or de la progressivité

C’est le principe le plus cité en médecine du sport.
Et le moins respecté.
C’est pourtant la clé numéro un pour éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans.

La règle des 10 %

N’augmentez jamais votre volume d’entraînement de plus de 10 % d’une semaine à l’autre.

Concrètement :

  • Si vous marchez 30 minutes deux fois par semaine cette semaine, la semaine prochaine vous passez à 33 minutes.
  • Si vous faites deux séances cette semaine, vous ne passez pas à cinq la semaine prochaine.
  • Si vous courez 3 km aujourd’hui, vous ne passez pas à 6 km la semaine prochaine.

Ce principe s’applique au volume (durée, distance), mais aussi à l’intensité.

Pourquoi cette règle fonctionne

Les tendons et les ligaments ont besoin de 6 à 12 semaines pour s’adapter à une nouvelle charge d’entraînement.
Les muscles, eux, s’adaptent en 2 à 4 semaines.

Ce décalage crée une fenêtre de vulnérabilité.
Vous vous sentez plus fort. Vos muscles peuvent en faire plus.
Mais vos tendons, eux, ne sont pas encore prêts.

Respecter les 10 % par semaine, c’est laisser le temps aux tissus les plus lents de suivre le rythme.

⚠️ Attention
La règle des 10 % est un maximum, pas un objectif.
Si votre corps vous envoie des signaux — fatigue persistante, douleur légère qui revient, récupération difficile — restez au même niveau pendant une semaine supplémentaire avant d’augmenter.


L’échauffement : la protection la plus efficace et la plus ignorée

Si vous ne deviez garder qu’une chose de cet article, ce serait celle-ci.

Ce qui se passe dans un muscle froid

Un muscle non échauffé est moins élastique, moins irrigué, et moins prêt à absorber un effort.
La température interne du muscle influe directement sur sa capacité à se contracter et à résister aux contraintes.

Un muscle chaud — dont la température a augmenté de 1 à 2 degrés grâce à l’échauffement — se contracte plus vite, se détend plus facilement, et absorbe mieux les chocs.

💡 Bon à savoir
L’échauffement actif (mouvements progressifs, mobilisation articulaire) est recommandé avant l’effort par l’ensemble des organisations de médecine du sport, dont l’ACSM et la Société Française de Médecine du Sport (SFMS). Il est nettement plus efficace que l’échauffement passif (chaleur externe) pour préparer les muscles à l’effort.

Source : SFMS — Guide de la pratique sportive en sécurité.

Étirements statiques avant l’effort : une idée reçue à corriger

Beaucoup de gens pensent qu’il faut s’étirer avant de faire du sport.
C’est une erreur.

Les étirements statiques — tenir une position immobile 20 à 30 secondes — réduisent temporairement la capacité de contraction musculaire et la production de force.
Faits avant l’effort, ils n’empêchent pas les blessures et peuvent même réduire les performances.

Les étirements statiques ont leur place.
Mais après la séance. Pas avant.

Un échauffement efficace en 10 à 15 minutes

Échauffement dynamique pour éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans
PhaseExerciceDurée
Activation cardiovasculaireMarche rapide ou vélo léger5 min
Mobilisation des chevillesRotations, pompage pied1 min
Mobilisation des genouxFlexions douces, cercles1 min
Mobilisation des hanchesRotations, balancement de jambe2 min
Mobilisation de la colonneRotations du tronc, inclinaisons1 min
Mobilisation des épaulesGrands cercles bras tendus, rotations1 min
Montées de genoux légèresSur place, progressivement2 min

👉 Lire : Les meilleurs échauffements avant une séance de sport après 40 ans


Les 6 erreurs qui causent le plus de blessures

Erreur n°1 : Trop, trop vite
C’est la cause numéro un des blessures en reprise.
Le corps n’est pas prêt. Les tendons ne suivent pas les muscles.
La solution : respecter la règle des 10 % et ne jamais augmenter la charge trop tôt.

Erreur n°2 : Reprendre avec l’intensité d’avant l’arrêt
La mémoire garde le niveau d’avant.
Les tissus, eux, ont régressé.
Ce décalage est dangereux.
Reprenez comme un débutant, même si vous ne l’êtes pas psychologiquement.

Erreur n°3 : Ignorer les premiers signaux
Une douleur légère qui apparaît pendant l’effort et disparaît au repos.
On continue. On pense que ça va passer.
Souvent, ça empire.
La règle : toute douleur qui revient à plusieurs séances consécutives mérite une attention sérieuse.

Erreur n°4 : Sauter l’échauffement
« J’ai pas le temps. »
Quinze minutes d’échauffement peuvent éviter plusieurs semaines d’arrêt forcé.
Le rapport coût-bénéfice est sans appel.

Erreur n°5 : Négliger le renforcement des muscles stabilisateurs
Les muscles du gainage — abdominaux profonds, muscles du dos, muscles de la hanche — protègent les articulations.
Sans eux, chaque mouvement crée des contraintes supplémentaires sur les genoux, le dos, les épaules.
Deux séances de gainage par semaine réduisent significativement le risque de blessure.

Erreur n°6 : Mauvaises chaussures
Une paire de chaussures usée ou inadaptée modifie la biomécanique du pas.
Ce qui se traduit par des douleurs aux genoux, aux chevilles, au dos.
C’est l’une des causes les plus fréquentes de shin splints et de fasciite plantaire chez les personnes qui reprennent la marche ou la course.

📋 Les 3 questions à se poser sur vos chaussures

✅ Ont-elles été achetées il y a moins de 18 mois (ou moins de 500 km de course) ?
✅ Sont-elles conçues pour l’activité que vous pratiquez (running ≠ tennis ≠ musculation) ?
✅ Avez-vous fait analyser votre foulée avant de les choisir ?


Douleur normale vs douleur à prendre au sérieux

C’est la question que tout le monde se pose.
Et la réponse qui fait la différence entre continuer et s’arrêter au bon moment.

Douleur normaleDouleur à surveiller
Sensation de brûlure musculaire pendant l’effortDouleur vive, localisée, soudaine pendant l’effort
Courbatures 24 à 48 h après la séanceDouleur articulaire (genou, cheville, épaule)
Légère fatigue musculaire pendant 2 à 3 joursDouleur qui persiste plus de 72 h
Sensation de « muscles fatigués »Douleur qui s’aggrave à chaque séance
Légère raideur le matin après une séanceGonflement visible d’une articulation
Souffle court à l’effortDouleur unilatérale sans cause évidente

⚠️ La règle des 72 heures
Toute douleur articulaire, tendineuse ou localisée qui ne disparaît pas en 72 heures doit être prise au sérieux.
Ce n’est pas une blessure obligatoirement.
Mais c’est un signal que le corps envoie — et qu’il ne faut pas ignorer.
Dans ce cas : reposez-vous, réduisez la charge, et consultez si la douleur persiste.


Les zones les plus vulnérables après 40 ans

Certaines parties du corps méritent une attention particulière lors d’une reprise.

Les genoux
Première articulation sollicitée lors de la marche, la course ou le vélo.
Après 40 ans, la dégradation progressive du cartilage peut créer des douleurs à l’effort.
Le meilleur moyen de protéger les genoux : renforcer les muscles qui les entourent — quadriceps, ischio-jambiers, mollets.

À faire systématiquement : des squats à faible amplitude et des flexions contrôlées.

Le bas du dos
Des années de position assise créent des déséquilibres dans la chaîne postérieure.
Les muscles lombaires sont souvent faibles. Les fléchisseurs de hanche sont souvent contractés.
Reprendre le sport sans corriger ces déséquilibres augmente le risque de lombalgie.

À faire systématiquement : gainage, étirements des fléchisseurs de hanche, renforcement des fessiers.

Les épaules
La sédentarité provoque une fermeture des épaules vers l’avant.
Reprendre des activités qui sollicitent les bras (natation, musculation, padel) sans réouvrir cette mobilité augmente le risque de tendinite de la coiffe des rotateurs.

À faire systématiquement : rotation externe de l’épaule, ouverture thoracique, renforcement des trapèzes inférieurs.

Les tendons (Achille, rotulien)
Ces deux tendons sont les plus souvent touchés lors d’une reprise chez les adultes de 40 à 60 ans.
Ils supportent des forces importantes à chaque foulée ou saut.
Et ils récupèrent lentement quand ils sont lésés.

À faire systématiquement : renforcement en excentrique (descente lente), progression très progressive du volume de course.

💡 Bon à savoir
Le travail en excentrique — contraction musculaire lors de l’allongement du muscle — est recommandé par la médecine du sport pour renforcer les tendons et prévenir les tendinopathies. Un exemple simple : descendre d’une marche très lentement sur une jambe pour travailler le tendon d’Achille.

Référence : Alfredson H, et al. Heavy-load eccentric calf muscle training for the treatment of chronic Achilles tendinosis. The American Journal of Sports Medicine, 1998.


L’équipement qui protège vraiment

On n’a pas besoin de beaucoup.
Mais quelques éléments font une différence réelle.

Les chaussures
C’est l’investissement le plus utile.
Une bonne paire de chaussures adaptée à votre activité et à votre type de foulée réduit les contraintes sur les genoux, les chevilles et le bas du dos.

Faites-vous conseiller dans un magasin spécialisé.
Un test de foulée (souvent gratuit) peut identifier un problème de pronation ou de supination — et orienter vers la chaussure adaptée.

Les semelles orthopédiques (si nécessaire)
Elles ne sont pas utiles pour tout le monde.
Mais pour les personnes qui ont un pied plat prononcé, un pied creux ou des douleurs récurrentes à la plante du pied, une semelle sur mesure peut transformer une pratique douloureuse en pratique confortable.

Les genouillères et chevillères
Utiles si vous avez des antécédents de blessure à ces articulations.
Pas comme substitut au renforcement musculaire — mais en complément, notamment lors des premières semaines de reprise.

Ce dont vous n’avez pas besoin

  • Des équipements sophistiqués de mesure de la fréquence cardiaque
  • Des vêtements de compression pour une reprise douce
  • Des compléments alimentaires « anti-blessures »

La prévention des blessures repose sur la méthode, pas sur le matériel.


Que faire quand une blessure survient malgré tout ?

Même en faisant tout bien, une blessure peut arriver.

Les protocoles de prise en charge ont évolué ces dernières années.
L’ancienne méthode RICE (Rest, Ice, Compression, Elevation) a été remplacée par des approches plus nuancées.

Le protocole PEACE & LOVE

Développé par des médecins du sport, ce protocole tient compte des dernières connaissances sur la guérison des tissus. (Référence : Dubois B, Esculier JF. Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. British Journal of Sports Medicine, 2020.)

Phase 1 — PEACE (premières 48 à 72 heures)

LettreSignificationCe que ça veut dire concrètement
PProtectionÉviter les mouvements douloureux les premières 48 h
EÉlévationSurélever le membre blessé si possible
AAnti-inflammatoiresÉviter les anti-inflammatoires dans les premiers jours (ils peuvent ralentir la guérison)
CCompressionBandage léger pour réduire le gonflement
EÉducationComprendre la blessure et éviter les traitements passifs excessifs

Phase 2 — LOVE (après les premières 72 heures)

LettreSignificationCe que ça veut dire concrètement
LLoadReprendre progressivement la charge sur le tissu blessé
OOptimismeUn état d’esprit positif accélère la guérison
VVascularisationExercice cardiovasculaire léger pour irriguer les tissus
EExerciseExercices progressifs pour retrouver force et mobilité

⚠️ Ce qu’on ne fait plus
La glace en continu n’est plus recommandée comme réflexe systématique.
Des travaux récents suggèrent qu’une inflammation modérée dans les premières heures fait partie du processus naturel de guérison.
La glace peut soulager la douleur à court terme, mais ne doit pas être appliquée plus de 10 à 15 minutes à la fois.

Référence : Mirkin G. Why Ice Delays Recovery. Gabe Mirkin on Fitness, 2014. (Gabe Mirkin est le médecin qui avait popularisé le protocole RICE dans les années 1970 — et qui l’a lui-même remis en question.)


Quand consulter un professionnel de santé

Ce n’est pas une faiblesse de consulter.
C’est une précaution intelligente.

Consultez votre médecin, kinésithérapeute ou médecin du sport si :

  • Une douleur persiste plus de 72 heures sans s’améliorer
  • Une articulation est gonflée ou chaude au toucher
  • Vous entendez un craquement lors d’un mouvement, accompagné de douleur
  • Vous avez des douleurs à l’effort qui irradient (dans la jambe, le bras, la poitrine)
  • Une ancienne blessure se réveille de façon disproportionnée
  • Vous avez des antécédents cardiovasculaires et ressentez une gêne thoracique à l’effort

⚠️ Attention — douleur thoracique à l’effort
Une douleur, pression ou gêne dans la poitrine pendant l’effort est un signal à prendre au sérieux immédiatement.
Arrêtez l’activité. Reposez-vous. Consultez en urgence si la douleur ne disparaît pas rapidement.
Ne reprenez pas le sport avant d’avoir consulté un médecin.


La checklist anti-blessures avant chaque séance

Cette checklist résume l’essentiel pour éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans, séance après séance.

📋 À vérifier avant de commencer

✅ J’ai dormi suffisamment (au moins 7 heures)
✅ Je suis bien hydraté (j’ai bu depuis ce matin)
✅ Je n’ai pas de douleur persistante depuis la dernière séance
✅ Mes chaussures sont adaptées à l’activité
✅ J’ai prévu 10 à 15 minutes d’échauffement
✅ Je connais mon programme du jour et je n’augmente pas de plus de 10 %
✅ Je respecte au moins 48 h depuis ma dernière séance intense


FAQ

Est-ce que les étirements avant le sport empêchent les blessures ?

Non — pas les étirements statiques (tenir une position immobile).
Les recherches récentes montrent que les étirements statiques avant l’effort peuvent même réduire temporairement la force musculaire.
Ce qui prévient les blessures avant l’effort, c’est l’échauffement actif : mouvements progressifs, mobilisations articulaires, élévation progressive de la fréquence cardiaque.
Les étirements statiques ont leur place — mais après la séance.

Référence générale : Cochrane et al. The effect of pre-exercise passive stretching on injury risk. Journal of Sports Sciences, 2004.

Peut-on reprendre le sport avec de l’arthrose ?

Dans la majorité des cas, oui.
Les recommandations actuelles des rhumatologues et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vont dans ce sens : le mouvement adapté soulage souvent les douleurs liées à l’arthrose mieux que le repos.
Les activités à faible impact — natation, vélo, marche — sont généralement bien tolérées.
Consultez votre médecin pour adapter le choix d’activité à votre situation spécifique.

Référence : OMS — Prise en charge des maladies chroniques non transmissibles, dont l’arthrose.

Faut-il porter des genouillères par précaution ?

Pas nécessairement.
Les genouillères sont utiles si vous avez des antécédents de blessure au genou ou une instabilité connue.
Pour une reprise sans antécédents, le renforcement des muscles du genou (quadriceps, ischio-jambiers) est plus efficace à long terme.

Et si j’ai mal au dos dès que je cours ?

La course à pied n’est pas forcément à exclure.
Mais elle n’est probablement pas le bon point de départ si vous avez des douleurs lombaires chroniques.
Commencez par la marche et le renforcement du gainage.
Puis consultez un kinésithérapeute pour identifier l’origine de la douleur avant de progresser.

👉 Lire : Reprendre le sport après un arrêt : comment recommencer en toute sécurité

Combien de temps après une blessure légère peut-on reprendre ?

Cela dépend de la blessure.
Pour une courbature ou une légère contracture, 48 à 72 heures de repos suffisent souvent.
Pour une tendinite, plusieurs semaines peuvent être nécessaires.
Pour une entorse, cela va de quelques jours à plusieurs semaines selon le grade.
Dans tous les cas : ne reprenez pas avant que la douleur ait disparu à l’effort.


Tableau récapitulatif : les fondamentaux pour éviter les blessures

FondamentalObjectifRepère simple
ProgressivitéLaisser le temps aux tendons de s’adapter+10 % max de volume par semaine
ÉchauffementPréparer les muscles et les articulations10 à 15 min, mouvements actifs
RécupérationÉviter la surcharge cumulée48 à 72 h entre séances intenses
Écoute du corpsDistinguer douleur normale et signal d’alerteConsulter si douleur > 72 h
ÉquipementRéduire les contraintes mécaniquesChaussures adaptées, < 18 mois
RenforcementProtéger les articulationsGainage et stabilisateurs, 2x/semaine

Conclusion

Éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans, ce n’est pas compliqué.
Mais ça demande de mettre son ego de côté.

Aller moins vite que ce qu’on croit pouvoir faire.
S’échauffer systématiquement.
Respecter les temps de récupération.
Écouter les signaux du corps avant qu’ils deviennent des cris.

La blessure ne prévient pas.
Mais elle se prédit.
Elle arrive presque toujours après une ou plusieurs de ces erreurs : trop vite, trop tôt, sans préparation, sans écoute.
Respectez ces fondamentaux, et vous mettez toutes les chances de votre côté pour éviter les blessures quand on reprend le sport après 40 ans.

Et si une douleur persiste, consultez sans attendre.
Un arrêt de deux jours par précaution vaut mieux que six semaines d’arrêt forcé.

👉 Suivre le programme débutant : reprendre le sport après 40 ans en 4 semaines
👉 Lire : Combien de fois par semaine faire du sport après 40 ans ?
👉 Lire : Les 12 erreurs à éviter quand on reprend le sport après 40 ans


Sources et références

Les informations présentées dans cet article s’appuient sur les recommandations des organisations de santé et de médecine du sport suivantes :

[1] American College of Sports Medicine (ACSM). ACSM’s Guidelines for Exercise Testing and Prescription, 11e édition. Wolters Kluwer, 2021.
acsm.org

[2] Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Recommandations mondiales sur l’activité physique pour la santé. OMS, 2010 (révisées en 2020).
who.int/fr/publications

[3] Inserm. Activité physique — Prévention et traitement des maladies chroniques. Expertise collective Inserm, 2019.
inserm.fr

[4] Dubois B, Esculier JF. Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. British Journal of Sports Medicine, 2020 ; 54 : 72-73.

[5] Alfredson H, Pietilä T, Jonsson P, Lorentzon R. Heavy-load eccentric calf muscle training for the treatment of chronic Achilles tendinosis. The American Journal of Sports Medicine, 1998 ; 26(3) : 360-366.

[6] Mirkin G. Why Ice Delays Recovery. drmirkin.com, 2014.
drmirkin.com

[7] Société Française de Médecine du Sport (SFMS). Guides et recommandations pour la pratique sportive en sécurité.
sfms.fr

[8] Windt J, Gabbett TJ. How do training and competition workloads relate to injury ? The workload–injury aetiology model. British Journal of Sports Medicine, 2017 ; 51(6) : 428-435.


Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif. Elles ne remplacent pas les conseils personnalisés d’un médecin, d’un kinésithérapeute ou d’un médecin du sport.


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